Accords commerciaux : Bruxelles pousse ses pions
Dans un contexte de grande défiance du monde agricole face aux traités commerciaux d’ampleur, l’Union européenne multiplie pourtant les avancées.
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L’opposition des filières agricoles a beau être toujours forte, les discussions pour faire avancer les accords commerciaux vont bon train en ce début d’année. L’accord avec l’Australie, qui avait pourtant capoté fin 2023, est de retour. Pour rappel, l’Australie avait stoppé les négociations commencées en 2018, sur fond de divergence sur les quotas d’exportation de bœuf australien alloués par l’UE. Les 12 et 13 février derniers, le ministre du Commerce australien, Don Farrell, rencontrait ainsi à Bruxelles son homologue européen Maroš Šef?ovi? et le commissaire à l’Agriculture, Christophe Hansen, avec l’objectif de « faire progresser les négociations sur l’accord de libre-échange UE-Australie ». Une rencontre qui s’est soldée par un bilan « constructif et positif », précisait un communiqué commun. De quoi déclencher l’ire des syndicats agricoles comme la FNSEA et les JA le qualifiant de « Mercosur bis » et le jugeant « profondément asymétrique et potentiellement dévastateur pour l’agriculture française et européenne ». Même son de cloche du côté de la Confédération paysanne qui demande « au gouvernement français d’avoir une expression forte contre cet accord ».
Le Mercosur dans l’attente
L’accord commercial avec le Mercosur, épouvantail absolu pour beaucoup de filières agricoles, est lui à la croisée des chemins. Sa signature par les dirigeants sud-américains et la Commission européenne, le 17 janvier dernier, devait sonner le glas des espoirs de ses opposants. Mais c’était sans compter sur le Parlement européen qui votait 4 jours plus tard pour que l’accord soit examiné par la Cour de Justice européenne. Les eurodéputés sont désormais dans l’attente de son avis pour rendre leur vote définitif. La Commission, quant à elle, se réserve le droit d’appliquer le volet commercial de l’accord de façon provisoire et consulte ardemment les chefs d’État européens pour avancer dans ce sens.
L’accord avec le Maroc, qui sera en discussion au Parlement européen prochainement, inquiète, lui, surtout les producteurs de tomates. Déjà en vigueur, il doit encore être ratifié, ce qui entérinerait les tarifs préférentiels pour le Sahara occidental. L’association Tomates et concombres de France exprimait, le 20 février, sa « vive inquiétude » alors que « 75 % des volumes de tomates cerises importées en France » proviennent déjà de cette origine.
Le traité signé avec l’Inde le 27 janvier est l’un des plus importants de la liste. Mais produits laitiers, viande, riz et surtout sucre en ont été exclus. Pour l’instant.
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