Rebond des ventes sauf en betteraves
La pression des ravageurs sur maïs et pommes de terre a entraîné une hausse des utilisations d’insecticides. En revanche, le marché recule légèrement en betteraves, en lien avec une baisse de la sole.
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Malgré le recul de la sole de maïs de 3 % en 2025 (2,73 Mha contre 2,81 Mha en 2024), le marché des insecticides foliaires a progressé. Les surfaces traitées atteignent 394 000 ha (14 % du total) et les surfaces déployées 417 000 ha, soit 15 000 ha de plus qu’en 2024. La pression des insectes foreurs a en effet été plus intense que lors de la campagne précédente.
Davantage de produits du sol en maïs
Le chlorantraniliprole est la première molécule vendue avec 226 000 ha déployés (54 % du marché), dont 202 000 ha de Coragen (FMC) et 23 000 ha de Voliam (Syngenta). Ce chiffre a tendance à se stabiliser, mais « en proportion, le Coragen va baisser en 2026 car d’autres produits arrivent », anticipe Patrick Bergougnoux (FMC). C’est déjà le cas avec Malcor, mis sur le marché en 2025 (importation parallèle) sur 1 350 ha. Il sera complété cette année avec Shenzi 200 SC d’UPL (trademark du Coragen), Clayton Geneva (générique) et Cosayr (Adama a fait le choix d’un produit en propre).
En deuxième position, figurent les pyréthrinoïdes qui sont assez stables, à environ 106 000 ha (25 % des surfaces). Parmi elles, la lambda-cyhalothrine représente 78 000 ha, dont 58 000 de Karaté Zéon (Syngenta). Quant aux trichogrammes, ils ont été utilisés sur près de 80 000 ha, soit 10 000 ha de plus qu’en 2024 (19 % des surfaces déployées). Bioline AgroSciences et De Sangosse se partagent les ventes. En valeur, ce marché est à peu près stable, à 13,2 M€ (13 M€ en 2024), dont 7 M€ pour le chlorantraniliprole, 800 000 € de pyréthrinoïdes et 5 M€ de trichogrammes. La dépense moyenne pointe à 31,80 €/ha.
Du côté des insecticides du sol, les surfaces traitées ont à nouveau grimpé pour atteindre plus de 690 000 ha, contre 630 000 ha en 2024. Elles représentent 25 % de la sole totale de maïs. Un seul traitement est réalisé en moyenne. Le marché atteint près de 35 M€. Corteva Agriscience représente 46,3 % du marché (50 % en 2024) avec Belem 0,8 MG/Daxol (cyperméthrine) et Success GR (spinosad).
Forte hausse en pommes de terre
Du fait de la hausse de 8 % des surfaces de pommes de terre en 2025, le marché des insecticides pommes de terre atteint 277 000 ha déployés contre 167 000 ha en 2024, soit une croissance de 66 % ! Ce chiffre met aussi en évidence une pression des ravageurs plus importante, notamment en fin de campagne. En moyenne 2,27 traitements ont été réalisés. Contre les pucerons, les pyréthrinoïdes représentent 32 000 ha déployés, dont 12 000 ha de lambda-cyhalothrine. Les huiles minérales, utilisées sur plants contre les pucerons, pointent à 103 000 ha et le flonicamide (Teppeki, première dérogation en 2025 sur cette culture) à 51 000 ha. Le chlorantraniliprole, qui cible les doryphores, atteint 72 000 ha (61 000 ha en 2024). Par ailleurs, le Movento (spirotétramate) de Bayer totalise 16 % du marché en valeur (sous dérogation). La firme annonce de nouvelles homologations ou extensions d’usage pour le printemps 2027. La valeur totale du marché grimpe à 6,2 M€ (contre 3,5 M€ en 2024), dont 1,1 M€ pour le chlorantraniliprole, 1,2 M€ pour le flonicamide, 3 M€ pour les huiles. La dépense moyenne s’élève à 23 €/ha. À noter que les produits à base d’esfenvalérate (Philagro), dont l’autorisation de mise sur le marché n’a pas été renouvelée en France, ne peuvent plus être appliqués ce printemps 2026.
Mouvement à la baisse en betteraves
Les surfaces cultivées en betteraves régressent de 4 % environ, à 395 000 ha. Le marché des insecticides suit le même mouvement et affiche 620 000 ha déployés contre 640 000 ha en 2024, avec une pression des pucerons globalement modérée. Le chiffre d’affaires atteint près de 20 M€, avec une dépense moyenne à 32 €/ha. Le Teppeki (flonicamide) de Certis Belchim représente encore 50 % du marché, tandis que le Movento de Bayer (spirotétramate) est à 32 %. Dans un contexte où peu de solutions efficaces sont disponibles, une proposition de loi a été déposée fin janvier par le sénateur Laurent Duplomb qui vise à réautoriser, de manière encadrée dans le temps et pour des cultures ciblées (dont la betterave), l’utilisation de deux insecticides de la famille des néonicotinoïdes : l’acétamipride en aspersion et la flupyradifurone en enrobage de semences et en aspersion. Par ailleurs, en février 2025, l’Insior Gr A, technologie olfactive répulsive de biocontrôle fruit d’un partenariat entre Agriodor et Syngenta, a obtenu une dérogation pour une durée de 120 jours pour lutter contre le puceron vert.
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