Une malterie bio pour Sevépi
800 t/an de malt bio, sous la marque Cœur de malt, seront produits par la malterie francilienne de Sevépi, qui vient d’entrer en fonction.
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Le 12 janvier dernier fut pour Sevépi l’aboutissement d’un projet en préparation depuis cinq ans : sa malterie bio, à Bréval (Yvelines), démarrait sa production. « Dès 2020, nous avions réalisé une étude de marché qui montrait qu’il y avait beaucoup de microbrasseries en région parisienne, retrace le directeur général, Aurélien Caurier. Pour autant, le sourcing en malt bio francilien faisait défaut. Dans un contexte où le bilan carbone, les démarches RSE et le local prennent de plus en plus de poids, il y avait l’opportunité de construire une malterie afin de transformer l’orge de brasserie de nos producteurs pour leur apporter de la valeur ajoutée. »
En 2022, la coopérative avait investi 17 M€ dans le silo de Bréval qui permet de travailler 20 000 t de grain conventionnel, et 5 000 t de grain bio, dont 2 000 t d’orge brassicole. À 200 mètres de cette installation, un bâtiment (ex-Gamm vert) existait. Sevépi a choisi de le réhabiliter pour le convertir en malterie. « En termes d’efficacité et de qualité, c’est un vrai plus d’avoir la malterie adossée à notre site de nettoyage, calibrage et stockage de l’orge de brasserie. » D’autant que la malterie est alimentée à 100 % par la coopérative. « Au début, nous avons besoin de nous faire la main sur cet outil et de constituer du stock de malt. Ensuite, nous pourrons ouvrir notre outil à des adhérents bio désireux de réaliser du maltage à façon. »
50 % de la collecte d’orge bio
Avec un processus de maltage de six jours, l’idée est de transformer 1 000 t d’orge par an (soit 50 % de la collecte d’orge bio), pour produire 800 t de malt bio, grâce aux deux lignes de production. La coopérative, accompagnée dans ce projet par la société Passion-Malts, vise « une petite production très qualitative ».
« Pour acquérir de l’expérience, nous allons commencer par produire du malt standard, le pilsen, sous la marque Cœur de malt. Ensuite, nous produirons du haut de gamme pour répondre à la demande des microbrasseries franciliennes et normandes. Plus tard, nous pourrons, par exemple, envisager de produire du malt pour les distilleries et la fabrication de whisky. »
Une prime de 40 €/t
En attendant, le contrat malterie est ouvert à tous les adhérents de la coopérative. « Nous encourageons les agriculteurs à semer de l’orge de brasserie et à engager, pour un an, une surface destinée à la malterie, explique Aurélien Caurier. Le contrat se traduit par une prime supplémentaire d’environ 40 €/t par rapport à l’orge brassicole, selon la qualité. »
Hors réhabilitation, 3 M€ ont été investis pour créer la malterie, dont un tiers de subventions provenant de l’Agence bio, de la Région Île-de-France et du fonds de compensation agricole. Outre le label AB, la coopérative espère obtenir prochainement le label Produit en Île-de-France « afin d’aller chercher de nouveaux clients ».
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