La modernisation de la collecte coûtera 4,3 Mds€ sur quinze ans
Mercredi 25 février, à l’occasion du Sia, La Coopération agricole Métiers du grain, NégoA et le cabinet Ceresco ont présenté la feuille de route du projet Infrastructures 2030, qui vise à moderniser les installations de stockage des grains.
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4,3 milliards d’euros, c’est la somme estimée par le cabinet Ceresco pour moderniser les outils de collecte d’ici quinze ans. Cette étude a été réalisée dans le cadre du plan Infrastructures 2030 qui « a pour but de remettre au centre des politiques publiques et privées les installations de stockage du grain afin de soutenir la compétitivité du secteur, a rappelé Catherine Matt, directrice de LCA Métiers du grain, au Salon international de l’agriculture, mercredi 25 février. Le vieillissement des installations représente un risque majeur pour notre souveraineté alimentaire. »
Cinq axes stratégiques
Ces 4,3 Mds€ sont le résultat de l’estimation des investissements nécessaires au déploiement de cinq axes stratégiques de la feuille de route du plan Infrastructures 2030.
Le premier axe concerne la reconfiguration du parc existant pour gagner en compétitivité. Le cabinet Ceresco recommande de mutualiser la collecte et de concentrer les flux autour de hubs régionaux, de recentrer la capacité opérationnelle sur 80 % des capacités de stockage existantes et de favoriser la réalisation d’audits économiques et stratégiques des performances de chaque OS. En conséquence, 13,5 Mt de capacités vétustes ou peu compétitives, soit 31 % du parc, seront démantelées.
Cibler les investissements, en privilégiant la mise à niveau des capacités existantes, est le deuxième axe du plan stratégique. L’objectif : que 10 % des capacités du parc bénéficient d’une rénovation complète (4,4 Mt), 15 % d’une rénovation légère (6,5 Mt), 15 % d’une modernisation (6,5 Mt) et 11 % d’une construction neuve (4,8 Mt). « Les trois quarts des nouvelles capacités (3,5 Mt) seront des extensions de sites existants », précise Romain Joya, consultant chez Ceresco.
Faciliter la création de valeur pour répondre aux enjeux environnementaux fait aussi partie du plan. À l’avenir, 20 % des nouvelles capacités seront dédiées à la diversification et à la gestion de marchés « filières ». Et 50 % des séchoirs seront remplacés, car aujourd’hui vétustes.
Innover pour dépasser les impasses technico-économiques est l’un des axes du projet. Il s’agit de recenser et d’étudier les cas d’usages (150 M€), de soutenir l’acquisition d’équipements (5 M€), de favoriser l’émergence de démonstrateurs (3 M€) ainsi que d’encourager le déploiement de ces solutions chez les opérateurs (10 M€).
Enfin, la filière souhaite contribuer à doter l’UE d’un stockage stratégique. « L’Union européenne est très déficiente avec les stocks les plus faibles à l’échelle de la planète, ce qui pose un problème de vulnérabilité stratégique », souligne Bertrand Oudin, consultant chez Ceresco.
Un soutien de l’État attendu
En 2023, le coût moyen de la collecte s’établissait en moyenne à 16,80 € la tonne (entre 10 et 40 €/t). Demain, la mise en place du plan représentera une hausse de + 4 €/t si l’augmentation est ramenée à l’ensemble des tonnes collectées en France. Et + 8 €/t si cette hausse n’est répercutée que sur les OS concernés par ce plan.
« L’objectif n’est pas de se rajouter 4 € de charge, mais plutôt d’utiliser cette charge pour créer de la valeur complémentaire et gagner en compétitivité. Mais pour y arriver, nous aurons besoin du soutien de l’État, à la fois du point de vue administratif et réglementaire pour simplifier les démarches, faciliter l’accès au foncier, raccourcir les délais des permis de construire et encourager une dynamique de surinvestissement. Également, la reconnaissance de notre activité comme intérêt majeur pour la nation est essentielle », conclut Antoine Pissier, président de NégoA.
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