La data sous-exploitée dans la filière céréalière

Félix Bonduelle, DG de Javelot, Julien Denormandie, directeur de l'impact chez Sweep, Guillaume Nanot, directeur de la transformation et du digital chez Soufflet agriculture, et Yves Picquet, président de Bayer France, mercredi 25 février, au Sia.
Félix Bonduelle, DG de Javelot, Julien Denormandie, directeur de l'impact chez Sweep, Guillaume Nanot, directeur de la transformation et du digital chez Soufflet agriculture, et Yves Picquet, président de Bayer France, mercredi 25 février, au Sia. © Benoît Devault

Javelot, Soufflet agriculture, Bayer, Julien Denormandie sont venus plaider l’importance de la collecte et de l’utilisation des données pour améliorer les performances lors d’une conférence, mercredi 25 février, lors du Salon de l’agriculture.

Le champ des possibles grâce aux données semble infini. Au cours d’une conférence très suivie au Salon de l’agriculture, la société Javelot, via son cofondateur Félix Bonduelle, a éclairé sur le potentiel encore inexploité des données dans la filière céréalière. Et pour convaincre, l’ancien ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, le directeur transformation et digital chez Soufflet agriculture, Guillaume Nanot, et Yves Picquet, président de Bayer CropScience France, étaient à ses côtés.

« Notre idée, c’est de proposer les bons outils pour répondre aux problématiques métier, souligne le dirigeant de Javelot. Nous voulons insister sur le besoin d’intégrer les technologies de manière systémique et de s’en servir pour faire des arbitrages industriels qui répondent à des enjeux qui vont conditionner la compétitivité des entreprises. »

Viser un meilleur partage de la donnée

Julien Denormandie, partie prenante dans la plateforme de gestion de données carbone Sweep, acquiesce. « La donnée est là, nous sommes à même de l’utiliser, mais la question de son appropriation par le monde agricole n’est pas tranchée. Pour les coopératives et les négoces, il faut pourtant accélérer dans la prise en compte de la data. C’est une question de temps », avertit-il.

Une des clés pour les intervenants : le partage des données disponibles. « Nous sommes en fait plusieurs organismes stockeurs à travailler sur les mêmes parcelles, relate Guillaume Nanot. Nous aurions besoin d’une vision consolidée comme sur la rotation de chaque parcelle, par exemple, les données météo, l’irrigation… Et partager ces données en aval avec nos clients industriels et en amont avec les agriculteurs. » Car à l’époque du tout information, certaines données viennent à manquer à des périodes clés comme lors de la récolte. « Nous découvrons trop souvent en moisson des bennes de marchandises qui n’étaient pas attendues et cela peut vite devenir un casse-tête logistique », explique Guillaume Nanot.

« Servir les schémas logistiques de l’agriculture de demain »

Pour une société comme Bayer, la compilation et l’exploitation des données ont permis des économies. « Nous avons pu travailler avec de l’intelligence artificielle et faire de la prévision basée sur le passé, la météo… Et nous aider à mieux comprendre comment allaient se dessiner les flux », témoigne Yves Picquet. Un outil ensuite couplé à un système de suivi logistique en temps réel. « Finalement, nous avons toutes les données concernant notre réseau. Nous partions sur 2 à 3 % d’économies, mais nous avons atteint plus de 5 %. »

Mais pour un OS comme Soufflet agriculture, ce sont aussi les réflexions stratégiques à long terme qui peuvent être alimentées par de la donnée. « La question pour nous, c’est d’anticiper les mutations qui arrivent d’un point de vue agronomique sur le territoire, détaille Guillaume Nanot. Nous devons avoir une vision à la fois court, moyen, et long terme afin d’assurer que nos investissements d’aujourd’hui vont bien servir les schémas logistiques de l’agriculture de demain et après-demain. »

Si la donnée est bien collectée et utilisée, l’intérêt pour les opérateurs peut s’avérer important. « Ça va dépendre beaucoup de l’OS, mais c’est une évidence qu’on a un gisement de valeur qui est de plusieurs euros par tonne à aller chercher par l’optimisation logistique, analyse Félix Bonduelle. Chaque mouvement logistique représente à peu près 5 € par tonne. Et aujourd’hui, nous n’avons pas les outils pour pouvoir le piloter. »

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